Une plante est acceptable ou non selon le lieu où elle pousse. En position de concurrence à une culture, elle est gênante voire nuisible. En ville, elle dérange surtout l'œil. Et fait appel à notre perception du propre et du sale, de l'ordre et du désordre, du tolérable et de l'inacceptable. Il faut pourtant composer avec la végétation spontanée car elle est de toute manière impossible à vaincre. Ou demande, pour la maîtriser, des heures de travail et des litres de désherbants sélectifs ou totaux. Faire de l'ennemie déclarée d'hier, l'alliée d'aujourd'hui est un pari que tous les amateurs de végétation s'emploient à gagner. Les collectivités et leurs équipes des espaces verts sont directement concernées par cette problématique environnementale. Et travaillent dorénavant à réduire l'usage des produits phytosanitaires néfastes pour la santé. En zone urbaine, cette gestion plus écologique des espaces verts passe par une plus grande tolérance envers la végétation spontanée. Et par un questionnement collectif aussi, sur ce que l'on considère comme "sale" : quelques touffes d'herbes en bordure de trottoir ou le produit chimique que l'on déverse pour la traquer ?